dimanche 17 juillet 2011

Indiscrétions

Les amoureux discrets des petits matins blêmes
Blottis au fond du bar devant leurs cafés crèmes
Se parlent sans un mot et en toute insouciance
Oubliant dans leur poche le poids de leurs alliances


Brest le 17 juillet 2011

lundi 11 juillet 2011

"Même les mouettes en rigolent"

Combien de signes encore faut-il que j'interprète
Pour voir que les invites sont beaucoup moins discrètes?
Et sous quels océans -immenses!- serais-je ensevelit
Quand l'amour, en silence, se glissera dans ce lit?

Licencieuses sirènes qui enflammez mes sens
Faîtes taire vos chants si troublants d'indécence
Et laissez à me rêves s'accrocher des sourires
Autres que ceux, changeants, qui damnent mes désirs

N'animez plus ce feu à vos moindres passages
Que je goûte un peu, de la paix, le breuvage:
Ne me laissez plus croire au bruit de mes paroles

Car à trop m'écorcher au silence de vos choeurs
A trop vouloir saigner et faire battre mon coeur
Hélas je le sais : même les mouettes en rigolent!


Brest le 11 juillet 2011

mardi 5 juillet 2011

Jeux d'artifices

J'ai oublié de t'embrasser
Dernière pierre à l'édifice
Des rêves et désirs harassés
Par tes lueurs tentatrices

J'ai oublié de t'enlacer
Précipitant au précipice
Mes espoirs, à la longue lassés
De tes petits jeux d'artifices

J'ai oublié de succomber
Aux étincelles de malice
Que ton regard laisse tomber
En promesse de doux supplices

J'ai oublié, oublié de souffrir
En ne goûtant pas les délices
Que me promettait ton sourire
Aux frissonnements des prémices

Brest le 5 juillet 2011

lundi 20 juin 2011

Empreintes

Comme une brèche
Dans un mur
Une larme sèche
Sur ma figure

Comme une faille
Dans mon armure
Une muraille
Qui se fissure

Comme une image
Qui s'efface
Triste message
Du temps qui passe

Comme enfin tant de ces blessures
Que les années guérissent
De la douleur bientôt ne dure
Qu'une légère cicatrice


Brest le 20 juin 2011

jeudi 2 juin 2011

Jeudi et Dimanche

Anniversaires à ne verser que des vers d'hivers
Sur l'autel fissuré des rêves d'avenirs
Mois de mai émiettés de tendres souvenirs
Aux morts prématurées et remords divers

Des dates détournées du doux cours de l'oubli
S'en viennent déposer des fleurs de silence
Sur les longs lendemains d'écrasantes souffrances
Que l'on imaginait à jamais établies

Endormi dans les bras d'un présent dépassé
Attendant au matin ces peines ressassées
J'inaugure les verrous que le temps a bâtit

Et puis le soir venu quand les fleurs ont fané
Recouvert de pétales d'amnésie les années
Je souris tendrement aux rêves anéantis


Brest, le 2 juin 2011

mardi 24 mai 2011

Presque

Sourire presque perdu
Sous un ciel voilé
De nuages tordus
Aux larmes étoilées

Regard presque abyssal
En perte d'essentiel
Cherchant le sourire sale
De son sombre soleil

Corps presque à l'abandon
Cheminant l'univers
Des roses et des chardons
Aux coeurs à peine ouverts

Tristesse presque feinte
Mais détresse assumée
Souvenirs d'absinthes
Et de nuits bitumées

Et demain presque morte
Une aiguille à son bras
Crevant devant la porte
En compagnie des rats.

Brest le 24 mai 2011

jeudi 19 mai 2011

Si proches et si distants

On ne connaît la solitude
Qu'au milieu de la foule
Quand sa masse vous élude
Et que le temps s'écoule
Quand dans la multitude
On saisit cet instant
D'inquiétante quiétude
A se sentir absent

Si proches et si distants

Noyés dans ce magma
De bref face-à-face
Conscients que pas à pas
Le vide nous remplace
Jusqu'à nous rendre sourds
Jusqu'à nous rendre aveugles
Aux gens qui, tout autour
Ne vivent que s'ils beuglent

Silencieux et bruyants

Etrange sensation
N'être que transparence
N'être qu'une impression
Au coeur de l'affluence
Et si vite oublié
Des regards circulaires
Qui vous ont habillé
D'un voile d'éphémère

Perdus dans ce désert
Du monde qui nous entoure
Figés dans le silence
D'un temps d'éternité
Respirant le même air
Pendant ce court séjour
Nous n'offrons en pitance
Que bribes d'identité


Brest le 19 mai 2011