lundi 17 janvier 2011

Chimères

Notre agonie a rendu l'âme
Et cependant je continue
D'alimenter une flamme
Qu'aucune autre n'atténue

Mais je cherche un autre été
Hors du silence de notre hivers
Je veux cesser de m'hébéter
A ne poursuivre que des chimères

Alors j'oublierai ton visage
La chaleur de tes bras
Et ton corps dans l'orage
De nos jeux sous les draps


Brest le 17 janvier 2011

samedi 15 janvier 2011

La servitude du malheur

Trop à l'étroit dans mes colères
Je voudrais tant pouvoir guérir
De quelques mots en quelques vers
Ce monde que je vois gémir
J'aspire encore à les ouvrir
Ces lourdes portes cadenassées
Qui nous isolent dans un empire
D'erreurs sans cesse ressassées :

Pourquoi la mort vient-elle frapper
Des gens innocents sans défenses
Quand leurs bourreaux sont épargnés
Seulement victimes de nos silences?

Pourquoi la force et la violence
Assurent-elles la victoire
A ceux qui n'ont pour seule conscience
Que d'aquérir plus de pouvoir?

Qui sont ces hommes qui mettent à mort
Au nom de dieux ou de justice
Leurs frères et soeurs qui ont pour tort
De n'être pas de leurs complices?

Pourquoi sont-ils donc condamnés
Tous les petits et les sans voix
A n'être que succédanés
De citoyens, privés de droits?

Tant de souffrances sur nos écrans
Nous habituent aux haut-le-coeur
Et rentre vite dans le rang
De l'impuissance, notre rancoeur.
Le rythme sourd des coups portés
Fait du malheur une habitude
Et l'on finit par supporter
De vivre dans sa servitude

Mais dans nos coeurs parfois résonnent
Et coulent les sanglots sanglants
Sur les feuilles noires d'un automne
Au vent d'orage froid et cinglant


Brest le 15 janvier 2011

mardi 11 janvier 2011

Christina Taylor Green (2001-2011)

Tu es née sur les cendres
D'un deuil universel
Ce triste onze septembre
De mémoire si cruelle
Tu as grandi couvée
Par quelques projecteurs
Symbole projeté
Pour conjurer la peur

Qui aurais-tu été
Jeune fille et puis femme?
Aurais-tu pu lutter
Et prolonger la flamme
Le rêve d'un meilleur
Pour ce monde qui sombre
Qui vit dans la frayeur
Des armes qui l'encombrent?

Mais la bétise humaine
La folie meurtrière
D'un assoiffé de haine
T'a fait tomber hier :
Ô ma pauvre innocence
Balayée par le feu
De la sombre démence
D'un gosse à peine plus vieux

Encore combien d'enfants
Avant que nous emportent
les furieux flots sanglants
D'une humanité morte.
Il faut que ce bruit cesse
Ce silence insoutenable
Qui fait que nos détresses
deviennent acceptables

La couleur de ton nom
A perdu tout espoir
Et nos larmes au fond
Ne sont qu'un exutoire

Car ces pleurs sincères effacés,
Restera-t-il dans nos poitrines
Une trace de ton corps terrassé
Ô feu Christina Taylor Green?


Brest le 11 janvier 2011

jeudi 6 janvier 2011

Les pierres impossibles

Souvenir effleuré comme un doigt sur des lèvres
Un souffle murmuré par une brise ancienne
Le hasard s'ingénue à devenir orfèvre
Pour redonner éclat aux amours diluviennes

Et quand les pierres grises retrouvent des couleurs
Et d'or et d'argent aux feux crépusculaires
Peu importe qu'elles aient perdu de leur chaleur :
Il est de ces froideurs dont on ne peut s'abstraire

Recouverts, les galets, polis à l'impossible
Toujours présents pourtant, immobiles, impassibles
Surgissant sous nos yeux à la moindre lumière

Et puis la nuit revient et l'ombre se propage
Dans un silence furieux plus bruyant que l'orage
Et les galets alors sombrent en cimetière


 
Brest le 5 janvier 2011

vendredi 31 décembre 2010

Même nos coeurs ne pleuraient plus

Je t'ai offert en cadeau
Le droit de me haïr
En te tournant le dos
Sans un mot, sans prévenir
C'est un cadeau précieux
Surtout ne reviens pas
A la nuit de mes yeux
Tu ne survivrais pas

Tant déjà ont souffert
A vouloir me comprendre
Mon coeur est un enfer
Qui n'engendre que cendres

Quand sauras-tu enfin
Qu'il vaut mieux qu'un détour
T'écarte du chemin
De nos vaines amours?
Je ne sais que détruire
Les coeurs qui m'accompagnent
Pour vivre tu dois me fuir
Il faut que tu t'éloignes

Si je reviens vers toi
Avec au coeur cette promesse
D'être ta reine et toi mon roi
Rappelle-toi de nos détresses
Nos soirées longues et journées vaines
Nos sourires finalement disparus
Trop bien enfouis sous tant de peine
Que même nos coeurs ne pleuraient plus

Brest le 31 décembre 2010

mercredi 8 décembre 2010

Les amours miradors

L'heure a sonné pour une autre aventure
Les jours sont comptés avant notre rupture
Un peu avant que le charme ait cessé
J'avais senti mon voyage commencer

Mon regard se cherche un nouvel horison
Par delà les hauts murs de ma propre prison
Construite de mes mains autour de notre amour:
Croyant le protéger, je l'ai tué pour toujours

Nous nous recroiserons, le hasard est ainsi
Il éclaire le passé aux moments indécis
Et le présent alors se teinte de remords

En attendant, bien au fond de mon bagage
je mets le souvenir d'un amour sans nuage
Avant de rebâtir de nouveaux miradors


Brest le 8 décembre 2010

samedi 4 décembre 2010

Coeurs suspendus

Que nous restera-t-il de nos amours et noirs désirs
Quand le temps aura parachevé son oeuvre
Effaçant la douleur à force de plaisirs
Souvenirs amassés dissimulant leurs preuves?

Et lequel de nous deux cessera de penser
Que douleurs et regrets font partie de nos vies?
Qui saura détourner son regard du passé
Pour aimer à nouveau sans être poursuivi?

Quand notre feu brûlant ne sera plus que braises
Et que d'autres foyers nous auront réchauffé
Aurons-nous le courage de les étouffer?

Et nos coeurs suspendus à cette parenthèse
Cesseront-ils enfin toute comparaison
Qui ne les rend capables que de trahison?


Brest le 4 décembre 2010