mardi 15 janvier 2013

Vie

Tant de venin coule encore dans mes veines
Qui ne saurait pourtant annihiler mes peines.
Combien en faudra-t-il pour que dans l'overdose
Je trouve le repos qui soigne l'Ecchymose?
 
Ce bleu, cette blessure qui survit sans effort
Au plus profond de moi alors que sur mon corps
Nulle trace de la mort qui grandit en son sein
Et qui tue bien plus sûr que le vide abyssin.
 
Dans ce poison de vie cultivé chaque jour,
Je puise sans répit les douleurs d'un amour
Qui me fera passer de la vie à trépas
Et même le savoir, hélas, ne guérit pas
 
Brest, le 14 janvier 2013

vendredi 11 janvier 2013

Papillon

Je me retourne aujourd'hui et je comprends
La chance qu'il a eu, qu'il a laissé passer:
Tant d'opportunités, de chemins que l'on prend
Pour ne pouvoir parler du bonheur qu'au passé.
 
Mais je l'ai vu "soleil", et ses rayons perçants
Ont labouré ma peau jusqu'à toucher mon coeur
L'ont couvert de lumière, ont réchauffé mes sangs:
J'ai savouré le miel qui délivre des peurs
 
Et puis sans prévenir, la sensation de vide:
j'ai dû trouver la force de briser le cocon
Qu'il avait abîmé pour me voir "chrysalide"
Et libérer aux vents mes ailes de papillons
 
 
Châteaulin, le 11 janvier 2013

lundi 7 janvier 2013

Puits sans fonds

Des flots d'ombre
Dans les abysses
Des puits sombres
De ses iris
 
Tristes tombes
Où ne subsistent
Ni colombes
Et ni phénix
 
Regard cendre
Qui éteint
Dans ses méandres
Les beaux matins
 
 
Châteaulin, le 7 janvier 2013

jeudi 20 décembre 2012

J'aime pas noël

Récurrences annuelles lumineuses
Nimbant les sourires d'une chaleur vaine
Cachant mal les super ficelles joyeuses
Dont les noeuds cachent les perversions humaines
 
Résidences resucées des promesses de paix
Décembre sait qu'à l'ombre de ses lumières
Veille l'hypocrisie dont l'homme se repaît
Et que janvier, hélas, retrouvera entière.
 
 
Brest le 20 décembre 2012

Souriante légèreté

Les images jolies qui me viennent en tête
Se mêlent au parfum qui hante mes narines
Tandis que mes papilles inassouvies s'entêtent
A savourer le goût qui vient de ma poitrine
 
Douceur et volupté, brièveté d'un baiser
Souriante légèreté à mes lèvres posée
Me permettent d'espérer l'évasion apaisée
Vers des rêves nouveaux aux desseins plus osés
 
Sous le feu attaché de mèches ensoleillées
Qu'il me tarde de voir libres sur l'oreiller
J'attends l'invitation d'étoiles scintillantes
Pour délivrer l'ardeur de mes mains impatientes


Brest, le 18 décembre 2012

vendredi 14 décembre 2012

Les carcans de vérité

Enfant de nos apocalypses, qu'allons-nous te laisser?
Voudras-tu de tes pairs, serviles et policés
Ou t'affranchiras-tu des pensées uniformes
Qu'un silence effrayant laisse devenir norme?
 
Coincée entre le poids décroissant de la croix
Et celui de la loi du croissant qui s'accroît
La société docile tait la nécessite
De laisser s'élever la voix de la laïcité
 Aveuglées de bêtise, les hurlantes légions
Souffrent d'obscurantisme plus que de religion
Et à leurs cris se mêlent ceux d'autres bien pensants
Qui rêvent de rejoindre la horde des puissants
 
Elles rêvent de façonner un monde à leur image
Sur lequel leurs idées régneraient sans partage
Qui sauraient définir qui doit vivre ou mourir
Que nous -pauvres aveugles!- sommes à secourir;
 Quel amour serait sain quand l'autre serait vain;
Qu'un couple qui n'est pas masculin féminin
N'a pas prérogative à fonder une famille
Et que ceux qui s'y risquent méritent qu'on les étrille
 
Athées, gâtés de tout, hâtez-vous
Avant que leurs faux dieux ne nous mettent à genoux
Levez-vous! Levez-vous! Pour lavez les affronts
Que leurs mots anormaux distillent sur tous les fronts
 Ne les laisser pas croire qu'ils ont la liberté
D'imposer le carcan de leur seule vérité:
Emprisonnés bientôt d'un monde sans lumière
Nous ne pourrons cracher ni venin, ni colère
 
Criez la tolérance et la diversité:
Ce sont les seuls remèdes contre leur cécité
Les uniques recours qui nous offrent la chance
De pouvoir ressentir révoltes et souffrances

Je ne suis ni croyant, ni de droite ni de gauche
Et j'ai bien trop souvent les poings au fond des poches 
Mais pourtant, je suis juif, catholique, musulman
Dès lors que l'on touche à l'un de nos enfants.


Brest - Châteaulin le 14 décembre 2012

mardi 13 novembre 2012

Le pont des Arts

Tristes amants perdus au coeur du pont des Arts
Cimetière d'acier d'amours en devenir
Combien ont survécu au grand jeu du hasard
Des désirs carnassiers, souvent sans avenir?

Les pinces monseigneur ont-elles eu raison
Des promesses lancées au vent de l'insouciance
Libérant quelques coeurs, prisonniers de saison,
Et qui avaient cessé de battre en cadence?

Lequel de ces amants est venu en secret
Ouvrir le cadenas de son amour défunt
Laissant la place à d'autres rêves sans fin?

Abandonnés souvent, anonymes regrets,
Ils mendient les regards pour revivre l'instant
De ces voeux plein d'espoir mais si peu résistants


Paris, Brest, le 4 novembre 2012