vendredi 13 avril 2012

La reine, la nymphe et l'espoir

Attendre qu'enfin sèche
La larme de peinture
Qui aujourd'hui m'empèche
De couvrir d'autres murs

L'observer dans sa course
Effacer les étoiles
De Cassiopée à la Grande Ourse
Qui décoraient ma toile

Attendre pour qu'accouche
De l'oubli de l'esquisse
A force d'autres couches
La couleur fondatrice


Brest, le 13 avril 2012

mercredi 8 février 2012

L'apologie du délicieux mensonge

M'aurais-tu avoué ce que je veux entendre
Ces quelques mots perdus parmi les gestes tendres
Ces regards envahis d'envies et de caresses
Comme autant de bouées, de fusées de détresse?

M'aurais-tu entendu au delà de mes mots
Ces discours usuels au voeux si repassés
Que j'ai appris par coeur pour pouvoir délasser
Ce corps dont le coeur est trop miné de maux?

M'aurais-tu fait confiance si j'avais dit qu'"'Amour"
Ne rime pas pour moi avec le mot "Toujours"
Comme les contes de fée nous l'ont tant ressassés?

Aurais-tu accueilli mes mains dans ton corsage
Si j'avais annoncé que les nuits de partage
Ne brillent seulement qu'aux lueurs du passé?


Brest, le 8 février 2012

lundi 26 décembre 2011

Elle pleurait...

Juste trouver les mots
C'est rien ou peu de chose
Du vent dans les rameaux
D'une vie d'ecchymoses

Juste les mots qu'il faut
Pour m'empêcher l'horreur
De porter sur le dos
Le poids de son erreur

Pour laisser à la place
De son regard humide
Tous les mots de l'atlas
Hors celui de "suicide"


Brest, le 25 décembre 2011

lundi 12 décembre 2011

Afghanistan, décembre 2011

Soixante seize corps
A l'ombre des drapeaux
Cimetière tricolore
La patrie à bon dos

Soixante seize vies
Fauchées au champ d'horreur
Laissant familles, amis
Se noyer sous les pleurs

Soixante seize morts
Le dégoût, la colère...
Combien de cris encore
Pour que cesse la guerre?


Brest le 12 décembre 2011

vendredi 9 décembre 2011

Je me suis endormi

Je me suis endormi mais mes yeux grands ouverts
M'imposent l'horizon d'un souvenir enfui
Dont le parfum surgit au plus fort de l'hivers
Pour sonner l'oraison funèbre d'une nuit
 
Je me suis endormi sans espoir de repos
La flamme qui vacille continue d'éclairer
L'exténuante envie de goûter à la peau
Et brûler aux pupilles d'un amour enterré
 
Je me suis endormi comme l'ombre qu'effleure
Le silence pesant d'un instant éternel
Surprenant l'insomnie au beau milieu des pleurs
Faisant battre mon sang aux murs de mes prunelles
 
Je me suis endormi d'un sommeil sans rève
Prisonnier en sursit d'un coeur encore en grève


Brest, le 11 décembre 2011


jeudi 1 décembre 2011

Le soir était venu

le soir était venu dans son manteau de nuit
Arrachant à la vie d'un jour décomposé
Un peu de sa chaleur et presque tous ses bruits
Pour laisser au mensonge le temps de se poser

Le soir était venu mais il n'était pas seul
Il avait son cortège de pensées et de pleurs
En avance, il couvrait d'un éclatant linceul
Les sentiments brisés, les erzats de bonheur

Le soir était venu, presque sans prévenir
Pesant d'un poids immense sur les épaules frèles
D'un espoir étourdi à grands coups d'ires réelles

Le soir était venu peu avant de mourir
Sur les dunes désolées d'un désert fidèle
Aux mirages agaçants d'être si iréels


Brest, le 1er décembre 2011

lundi 28 novembre 2011

Téléréalité

J'ai voulu, comme Icare
M'approcher du soleil
Devenir une star
Briller sous d'autres ciels

Mais brûlé aux lumières
Des feux télévisuels
J'ai fini en poussière
Même pas résiduelle


Brest, le 28 novembre 2011