samedi 4 novembre 2017

Les mots qui pansent

Dis-moi de ces quelques mots qui nous apaisent
Sans qu'ils ne veuillent dire grand-chose
Et qui au bout du compte ne pèsent
A peine plus qu'un pétale de rose

Mais ils sont comme du baume à l'âme
Qui recouvrent nos solitudes
Des sourires qui se déclinent et se réclament
De larmes qui tombent alors en désuétude

Ils sont l'aurore du silence
Jetant un voile sur les blessures
Des maladies longues de l'absence
Ils sont, des souvenirs, la sépulture

Alors dis-les moi, je t'offrirai en retour
La même douceur que dans nos plus beaux songes
Et s'il faut que ça ressemble à de l'amour
Nous tenterons de croire en nos mensonges.


Saint-Malo, le 4 novembre 2017

mardi 31 octobre 2017

Mortelle rencontre

à E.
Femme fatale
Sourire carmin
Regard létal
Et moi demain
Sans domicile
Rêvant de l'air
Où elle erre, elle
Aux mortifères
Battement de cils


Brest, le 31 octobre 2017

lundi 23 octobre 2017

Epilogue

Épilogue de la nuit
Jeune couple au matin
Souriant sous la pluie
De se tenir la main

Et moi, seul, à l'abris
Je digère le remord
De ce cœur en débris
Qui m'a laissé pour mort


Brest le 23 octobre 2017

dimanche 22 octobre 2017

Le gilet de laine

J'ai senti ta peau frémir
Sous ton seul gilet de laine
Au moment de réunir
D'un baiser, nos haleines

Nichées dans l'échancrure
Tes rondeurs s'offrirent
A mes yeux qui se crurent
En droit de les cueillir

Posée sur ton sourire
Ma bouche se fit tendre
Et nos langues en désir
Se trouvèrent sans attendre

Quand tes bras m’enserrèrent
Je goûtais le plaisir
De la douce et légère
Volupté du désir

Écartant les mailles noires
Mes mains prirent tes hanches
Pour prolonger l'histoire
D'un si charmant dimanche


Brest le 22 octobre 2017

lundi 2 octobre 2017

La poétique de l'invisible

inspiré par l'exposition éponyme
d'Alan SANQUER
La rue,
Tu l'as connue, la rue?
Celle qui s'insinue
Celle qui pue
Celle qui tue
Celle qui te colle au cul
Et te bouffe tout cru
Entre les crues et les décrues
Des vins cuits et des grands crus
Des gens cuits et des gens crus
Aux traits creusés, aux yeux perdus
Aux cris tapis, aux toux accrues?

La rue, tu l'as connue, la rue ?
Tu t'es connu recrue
De son armée d'intrus
L'invisible, l'exclus
Le détruit, le détritus
Pour qui la fin est un début?
Combien t'en as connu
Des gueux, des princes, des rois déchus
Des célestes qui ne brillaient plus
Des doux rêveurs, des fous fourbus
Des enragés, debout, têtus
De ces illuminés qui tonitruent
Et de tous ceux qu'on n'entend plus?

La rue, tu l'as connue la rue?
Ce refuge de reclus
Citadins d'étoiles repus
De les avoir tant et trop vues
Désabusés, usés d'abus
Perclus et courbatus
- A force de pluies drues
De nuits sur des bancs nus
Ou de battues de jeunes tordus -
Survivants bientôt vaincus
Sursitaires de sans-issues
Sous nos regards, disparus


Brest, le 2 octobre 2017


vendredi 25 août 2017

Minéral

Rumine et râle le minéral
Sous les assauts de l'Océan
Bravant le vent, l'Espoir, béant
Dompte les ombres vespérales


Brest le 25 août 2017

L'ogre de granit

Viens! Je t'invite dans mon monde
Où la pierre pleure plus qu'elle ne gronde
L'ogre de granit a le cœur tendre
Lorsque le mien rêve de se fendre

Le vent l'a pris à l'abordage
Laissant le vide en héritage
Et cette armure qui l'emprisonne
Rend l'océan même, monotone


Brest le 24 août 2017