mercredi 14 août 2013

Egotruisme

Je voudrais crever pour que ma mort devienne le poison de vos vies, qu'aucune de vos heures ne connaisse le repos et que vos sommeils agités par l’écho de mon absence soient des portes béantes sur un océan de regrets.

Alors peut-être seulement, goûterez-vous la saveur du venin qui coula dans mes veines quand elle ferma les yeux!

Brest, le 8 août 2013

Larmes de sang (prose dérivative)

J'irai recharger l'ombre de mon âme
A l'encre noire des jours sombres
Pour maculer d'espoir
Les nuits blanches de notre amour
Puis, dans le secret silence de notre obscurité
J'enlacerai ton cœur
De mes mains écarlates
Pour l'entendre se taire
Dans un souffle infini.

Alors, seulement, nous serons éternels.

Camaret, le 13 août 2013


mercredi 26 juin 2013

Combat

Se battre. Ne rien lâcher. Reprendre pas à pas du terrain sur le reflet inconnu du miroir. Relever la tête et rendre coup pour coup à l'indicible peine qui assène des salves de blessures invisibles. Chercher dans la rage de son inquiétude et de sa peur, le courage qui, d'un revers vengeur, expulsera ses démons dans un gouffre plus profond que celui qu'ils ont creusé. Les noyer avec soi pour renaître des cendres de celui qui est devenu après avoir été. Garder la flamme au cœur, celle qui fait briller le sourire apparent et continuer de chercher la brise salutaire qui, pénétrant à nouveau dans l'antre mortifère aux parois graniteuses, soufflera sur les braises éparses de l'ancien bûcher pour le porter à l'incandescence salvatrice qui saura consumer les restes du présent afin que ne survivent pas les meutes glapissantes des enfers.

Mettre un genou à terre, parfois, c'est prendre de l'élan.


TER 854841 - Châteaulin - Brest, le 26 juin 2013

mardi 25 juin 2013

Tentative Surréaliste

Laisser l'encre m'irriguer, directement du cerveau à la page, artères et veines devenues bouillonnantes pour qu'explose l'orage, la violence des mots rentrés, tempête de particules sur l'éclair blanc d'un rectangle innocent.
Peut-être saurais-je alors percevoir en ce jour dans ma persévérante pusillanimité l'évidence d'un sentiment de persécution persistante.
Et alors, soit! Il en sera ainsi et les vents élogieux cesseront de faire tinter les cloches qui firent ma renommée pour les laisser tomber et se répandre en un assourdissant vacarme sur les cicatrices douloureuses d'un passé silencieux.
Et cette bile infecte, logorrhée nauséeuse de phrases vaines cherchant à sceller le destin qu'elles me choisissent sous l'apparente lucidité de mots suspendus à la compréhension nécessaire de ceux qui les précèdent, coulera le long des sillons rances que l'intransigeance de mon orgueil creusa dans les années noires où mon humanité sombra, cédant à l'appel de la barbarie et de l'immondice, noyée dans les profondeurs abyssales et fauves, frêle esquif à la dérive trouvant à s'abriter sous l'insolent soleil d'un nombrilisme artificiel.
Une fois les remparts détruits, il reste toujours des ruines.
Châteaulin, le 25 juin 2013

samedi 22 juin 2013

Ces majestés des ports

Tranquilles et puissants, veillent ces échassiers
De la pointe du jour au plus noir de la nuit
Insensibles aux vents dans leur robe d'acier
Défiant les ciels lourds d'être chargés de pluie

Déchiquetant l'azur de leur (hautes) silhouettes
Ils sont dans l'or du soir des joyaux ombrageux
Délicates brisures que quelques (vols de) mouettes
Assignent en perchoirs, hardis et outrageux

Dans le petit matin, ces majestés des ports
Sous la main de l'homme, redeviennent sujets
Exécutant sans fin et presque sans effort
Tels des métronomes, leur laborieux trajets


Brest le 22 juin 2013

vendredi 17 mai 2013

Le musée des âmes usées

Aux murs du musée des âmes usées
J'accroche les toiles de visages
Figés de sourires tristes ou amusés
De n'avoir souffert que des vernissages
 
Car la muse est usée
Une fois que mes pas sages
Ont fini d'abuser
Mes désirs de passages
 
Et devant les murs murmurent
Les aimantes qu'outragent
Les corps en peinture
De mes prochains naufrages
 
 
Brest, le 17 mai 2013
 

Démo de jeux de mots

A cause de mon amour des plinthes
Je suis au pied du mur
Et mes amour des feintes
Jamais ne se fissurent

Pardon, je voulais dire :

A cause de mon amour des plaintes
Je suis au pied du mur
Et mes amours défuntes
Jamais ne se fissurent.

 
Brest, le 17 mai 2013