mardi 25 juin 2013

Tentative Surréaliste

Laisser l'encre m'irriguer, directement du cerveau à la page, artères et veines devenues bouillonnantes pour qu'explose l'orage, la violence des mots rentrés, tempête de particules sur l'éclair blanc d'un rectangle innocent.
Peut-être saurais-je alors percevoir en ce jour dans ma persévérante pusillanimité l'évidence d'un sentiment de persécution persistante.
Et alors, soit! Il en sera ainsi et les vents élogieux cesseront de faire tinter les cloches qui firent ma renommée pour les laisser tomber et se répandre en un assourdissant vacarme sur les cicatrices douloureuses d'un passé silencieux.
Et cette bile infecte, logorrhée nauséeuse de phrases vaines cherchant à sceller le destin qu'elles me choisissent sous l'apparente lucidité de mots suspendus à la compréhension nécessaire de ceux qui les précèdent, coulera le long des sillons rances que l'intransigeance de mon orgueil creusa dans les années noires où mon humanité sombra, cédant à l'appel de la barbarie et de l'immondice, noyée dans les profondeurs abyssales et fauves, frêle esquif à la dérive trouvant à s'abriter sous l'insolent soleil d'un nombrilisme artificiel.
Une fois les remparts détruits, il reste toujours des ruines.
Châteaulin, le 25 juin 2013

samedi 22 juin 2013

Ces majestés des ports

Tranquilles et puissants, veillent ces échassiers
De la pointe du jour au plus noir de la nuit
Insensibles aux vents dans leur robe d'acier
Défiant les ciels lourds d'être chargés de pluie

Déchiquetant l'azur de leur (hautes) silhouettes
Ils sont dans l'or du soir des joyaux ombrageux
Délicates brisures que quelques (vols de) mouettes
Assignent en perchoirs, hardis et outrageux

Dans le petit matin, ces majestés des ports
Sous la main de l'homme, redeviennent sujets
Exécutant sans fin et presque sans effort
Tels des métronomes, leur laborieux trajets


Brest le 22 juin 2013

vendredi 17 mai 2013

Le musée des âmes usées

Aux murs du musée des âmes usées
J'accroche les toiles de visages
Figés de sourires tristes ou amusés
De n'avoir souffert que des vernissages
 
Car la muse est usée
Une fois que mes pas sages
Ont fini d'abuser
Mes désirs de passages
 
Et devant les murs murmurent
Les aimantes qu'outragent
Les corps en peinture
De mes prochains naufrages
 
 
Brest, le 17 mai 2013
 

Démo de jeux de mots

A cause de mon amour des plinthes
Je suis au pied du mur
Et mes amour des feintes
Jamais ne se fissurent

Pardon, je voulais dire :

A cause de mon amour des plaintes
Je suis au pied du mur
Et mes amours défuntes
Jamais ne se fissurent.

 
Brest, le 17 mai 2013

mardi 14 mai 2013

Jeu de l'être (II)

La peine intense, soulagée de haine
Sera pénitence bien plus sereine.
 
TER n°854810, le 14 mai 2013

lundi 29 avril 2013

Le bal des bus (sonnet récréatif)

La valse ouvre le balbutiant bal des bus
Sur la piste d'asphalte des rues désertes
Suivant la cadence imposée du chorus
Des signaux de feux, couleurs rouges et vertes
 
Dans un parfait ensemble la danse poursuit
Sa progression sensible vers le jour naissant
Laissant dans son sillage s'éteindre la nuit
Au rythmes des néons, aussi disparaissant
 
Le soleil ascendant efface les traces
Des souvenirs du crépuscule qui sombre
Chassant dans sa course les parcelles d'ombre
 
Les rues se sont emplies ainsi que les places
On ne distingue plus la danse des transports
Qui ne cesse pourtant de déplacer nos corps.
 
 
Brest, le 29 avril 2013

vendredi 26 avril 2013

L'ombre de moi-même

Les chasseurs de démons que je m'inocule
Croyant qu'ils sauront me guérir de mes peines
Attendent, hélas! sournoises tarentules
De s'écouler en flots mortels dans mes veines
 
Je crois être vivant
Mais ma flamme vacille
Comme celle du briquet
Qui lèche la cuillère
Réchauffant pour mon sang
Le venin que l'aiguille
Injectera d'un trait
Dans mes pourpres rivières.
 
Sous ma peau diaphane
Vie et mort s'enlacent
Inexorablement
Dans un nouveau shème
Qui bientôt me condamne
A laisser à ma place
S'installer lentement
L'ombre de moi-même
 
 
Brest, Châteaulin le 26 avril 2013